CTM, une valeur sûre

Entreprises avril 2015

CTM, une valeur sûre

2014 a été une bonne année pour le groupe de messageries et de transport des voyageurs. C’est le fruit de mesures stratégiques qui ont permis de redynamiser la marque CTM.

En distribuant 100% de ses dividendes avec un dividende de 32 dirhams/action (contre 30 dirhams/action payés en 2013), CTM lance un message clair au marché sur sa bonne santé financière. Au passage, elle justifie largement son taux de rendement enviable de 8,5%, le plus élevé de la place. «CTM est indéniablement une valeur de fond de portefeuille; elle dispose d’un très bon positionnement de rendement et de croissance», affirme dans ce sens un analyse préférant garder l’anonymat. En effet, explique-t-il, «le taux de rendement de 8,5% est supérieur à tous les véhicules financiers existants au niveau du marché financier national (obligations ou actions). Ces derniers affichent une moyenne de rendement de seulement 4%». C’est donc la valeur de rendement par excellence. Selon Réda Douihri, directeur des activités support de CTM et numéro deux de l’entreprise, cette réputation est le fruit «des bonnes performances réalisées par l’entreprise durant ces dernières années». «Le cours de notre action a connu une hausse de 12% depuis le début de l’année 2015 et 74% depuis début 2014», fait-il remarquer, non sans fierté.

Revirement stratégique
En effet, les résultats 2014 sont au beau fixe. Ainsi, le chiffre d’affaires consolidé s’est hissé de 8,5% à 550 millions de dirhams. «Une croissance due à la bonne tenue des activités de transport interurbain et touristique», explique Douihri. Celles-ci ont connu des hausses de respectivement 14% et 12% à la faveur de mesures stratégiques ayant permis de redynamiser la marque CTM. Une reprise en main qui s’imposait pour faire face à la concurrence acharnée du low cost aérien sur la destination Maroc depuis l’entrée en vigueur de l’open sky en 2006. La réaction de CTM a consisté en un virage 360° sur ces activités sur le plan national pour  incorporer de plus en plus d’international dans son chiffre d’affaires. Aujourd’hui, l’activité de transport international représente 5% du CA global du groupe. «Néanmoins, nous nous tournons vers de nouveaux horizons, à savoir l’Afrique subsaharienne où nous avons signé des conventions de partenariat avec des partenaires mauritaniens et sénégalais pour l’ouverture prochaine de lignes vers Nouakchott et Dakar», détaille Douihri. Le chamboulement du secteur a même poussé l’entreprise vers un autre virage stratégique, à savoir celui du lacement de la gamme de luxe «Premium». Pour le management de CTM, ce n’est pas vraiment un virage stratégique «dans le sens où la CTM a toujours été attachée à sa capacité d’innovation, afin de maintenir le transport de personnes à un certain niveau, voire de le tirer vers le haut à travers des autocars et un service de qualité. Le lancement de CTM Premium est un pas de plus vers cette recherche d’excellence de nos offres»

CTM  a un bon positionnement de rendement et de croissance au niveau de la BVC

Leadership
Sur un autre registre, notons que CTM Messagerie a reçu, en juillet 2014, des avis d’imposition relatifs au recouvrement de montants de Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) pour la période allant de 2010 à 2014. L’Administration fiscale réclame à CTM Messagerie un taux de TVA de 20% sur les prestations réalisées au lieu des 14% appliqués actuellement. En réponse à cette situation, Douihri assure: «Nous avons contesté cet avis d’imposition en août 2014, à travers un courrier adressé à l’administration fiscale». Entre temps, la situation n’a pas changé et rien n’a été décidé entre les deux parties, bien qu’elles soient en négociations. Concernant les agréments de transport, l’entreprise affirme détenir l’ensemble des agréments nécessaires. Quid de la réforme? «Des discussions sont toujours en cours entre le gouvernement et les représentants du secteur», rassure le management du transporteur. «Ces discussions ne portent pas sur la suppression des agréments existants mais plutôt sur le traitement à opérer sur les futurs agréments. J’ajouterai que CTM Premium a été lancé dans le cadre du portefeuille existant de la CTM», explique Douihri. Si l’entreprise de transport de voyageurs n’a pas de souci à se faire concernant les agréments, elle est néanmoins concernée par les fluctuations des prix des hydrocarbures. «Nous savons que nous sommes exposés à la volatilité des prix à la pompe et que nous seront impactés à la hausse ou à la baisse», assure Douihri.
Mais l’entreprise ne peut pas répercuter la hausse ou la baisse des prix du carburant sur ses prix. Car ces derniers ne peuvent pas être librement fixés par la CTM. «Nous évoluons dans une fourchette de prix qui a été fixée par les autorités de tutelle, et qui d’ailleurs est la même depuis 1996. Par ailleurs, nous appliquons une tarification dynamique et nos prix sont souvent soumis à des promotions en fonction des périodes de basse et haute saison», assure le management de l’entreprise. Mais, pour sa gamme Premium, l’entreprise a pu tout de même proposer des prix plus chers de 30% que les prix réglementés. «Nous proposons une qualité largement supérieure à l’offre standard couverte par le système des agréments», argue notre interlocuteur à la CTM.
Côté perspectives, le groupe entend pour 2015 «poursuivre la consolidation de ses efforts en mettant l’accent sur ses priorités stratégiques de développement pour assurer une amélioration continue de son rendement et un renforcement de son leadership sur le marché national». Cela se caractérisera notamment par l’extension du réseau Premium et le renforcement de la qualité de services, la proximité et la sécurité, avec pour objectif la satisfaction d’une clientèle de plus en plus exigeante.