Les bons deals de SNI

Entreprises décembre 2014

Les bons deals de SNI

Si le communiqué de presse annonçant les deux cessions a été on ne peut plus explicite sur le prix de vente des actions Centrale Laitière, il a été très discret pour ce qui est de la valorisation de Cosumar.

Le 5 novembre 2014 tombe le communiqué de presse de SNI annonçant l’achèvement de son désengagement de Centrale Laitière et Cosumar. L’actualité fera la Une de la majorité des médias de la place. Une question demeurera néanmoins posée: combien SNI empochera-t-elle à la suite de ces deux cessions? Si le communiqué de presse en question détaille les conditions de vente des participations dans Centrale Laitière, il reste néanmoins muet sur celles relatives à Cosumar. «La note d’information est en cours de révision par le CDVM. Nous n’avons pas le droit de communiquer sur le prix», explique, à ce propos, Karim Chbani, Investment Manager à SNI. Il ne pourra donc s’agir que d’une évaluation approximative du total des deux cessions Centrale Laitière/Cosumar.

En attendant le prix
D’après les estimations des analystes contactés, le pactole doit se situer autour de 3,7 milliards de dirhams. Dans le détail, pour Centrale Laitière, «la cession d’un bloc de 21,75% à Danone devrait rapporter pas moins de 3,1 milliards de dirhams pour un prix d’action de 1.500 dirhams», confirme un analyste. A l’issue de l’opération, SNI conservera toujours 5% des actions de l’entreprise détenue désormais à hauteur de 90% par le géant Danone. Quant à Cosumar, «eu égard à la cession de 15,2% des participations, en janvier dernier, on peut estimer que l’offre publique de vente serait en-dessous du précédent prix de 1.700 dirhams», explique un analyste d’une société de gestion. «Le prix d’émission devrait se situer dans une fourchette de prix certainement inférieure au cours boursier actuel», appuie de son côté un autre analyste. En effet, si le titre pivote actuellement autour de 1.800 dirhams, les analystes prévoient un prix grand public à 1.650 dirhams l’action, soit une décote de 9,1%. Ce dernier rapporté aux 381.719 actions des actions proposées, le montant de la transaction devra s’élever à environ 630 millions de dirhams.

La note d’information Cosumar est en cours de révision par le CDVM. Nous n’avons pas le droit de communiquer sur le prix

Une histoire de décote
«Théoriquement, la décote d’un titre ne peut être effectuée  que si la valeur fondamentale est supérieure à la valeur boursière», ajoute notre analyste. La coutume est de proposer une décote du prix fondamental du titre. Par conséquent, l’opération de Cosumar ne fera pas l’exception à ce niveau! «Si les institutionnels peuvent acheter des titres avec leurs valeurs boursières actuelles, les particuliers et quelques boursicoteurs avertis, eux, devront trouver ce genre de titres un peu trop cher», ajoute un consultant ayant requis l’anonymat. C’est quelque part à cause de la cherté des actions, que les syndicats de placement offrent des décotes pour les particuliers. A titre de comparaison, la récente offre publique de vente de Lesieur Cristal datant de mai dernier proposait une décote de 18,4% pour une action à 93 dirhams, alors que l’introduction en bourse des Espaces Saada, la seule en 2014, a proposé une décote de 15% à 215 dirhams l’action. 3,7 milliards de dirhams au total, peu ou beaucoup? «C’est plutôt un bon prix, SNI devrait réaliser une bonne opération!», estime un analyste. En effet, si comparé aux 6,1 milliards relatifs à la première cession des 37,8% de Centrale Laitière en 2012 peut paraître de rang inférieur, elle ressort bien supérieure à la cession de 41% de Lesieur Cristal à 1,3 milliard en mai ou au 1,92 milliard lié à la cession de 24,5% de Cosumar en janvier. En tout cas, la bagatelle devra servir à soutenir l’achèvement du virage stratégique des activités matures initié par SNI en 2010. Un désengagement qui s’est accéléré récemment suite au départ de Hassan Bouhemou, son ancien PDG. Il s’agira aujourd’hui pour la holding royale d’agir en fonds d’investissement avec des participations ne dépassant pas les 5%. «C’est la volonté d’aller vers un investissement passif qui n’interviendrait pas dans le management», étaye une source préférant garder l’anonymat.

Valorisation des titres, Mode d’emploi

Avant de fixer un prix du titre, il est naturel de procéder à une valorisation de l’entité initiatrice de l’opération. A cet effet, il existe trois méthodes. La première est la méthode des comparables boursiers. Comme son nom l’indique, elle compare les agrégats financiers de la société initiatrice de l’opération à des sociétés cotées présentant les mêmes critères (secteur, taille, perspectives de développement…). La deuxième s’intitule la méthode des comparables transactionnels. Elle met en exergue des transactions du même genre. Si l’entreprise en question a déjà procédé à des opérations similaires (le cas de Cosumar), la dernière transaction faite par l’entreprise sera prise comme référence pour la fixation d’un nouveau prix. La troisième et la plus reconnue est la méthode de l’actualisation des flux de trésorerie futurs (Méthode DCF). Cette méthode mesure la capacité de l’entreprise à générer de la liquidité. En d’autres termes, c’est une projection des flux financiers (encaissement et décaissements) de la trésorerie pour les trois ou cinq années à venir. «La méthode de la DCF est la méthode la plus utilisée au monde, car elle s’approche plus de la réalité en donnant aux investisseurs une idée claire sur combien l’entreprise pourra gagner», explique un expert.