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La zone sous la pression de la liquidité bancaire

Point de vue juin 2014

La zone sous la pression de la liquidité bancaire

La reprise économique qui tarde à se dessiner en Europe, notamment en France, seconde économie de la zone, conjuguée à la faible inflation «Risque de déflation» fait monter les débats sur le niveau actuel de l’euro jugé fort. En effet, les experts considèrent ce niveau de l’euro comme la principale contrainte pour la compétitivité de ses entreprises et sa croissance. Mais d’abord la question qui se pose est pourquoi l’euro s’est inscrit en hausse par rapport au dollar alors que la zone euro est en crise économique et de gouvernance et son secteur bancaire demeure très fragile. La première réponse est que la demande de la monnaie unique a progressé, conséquence des achats massifs d’actifs financiers libellés en euro, surtout suite à la fuite des capitaux des pays émergents qui ont cherché refuge sur les marchés occidentaux et profitant en Europe de Valorisation intéressante. A cela s’ajoute la politique monétaire suivie depuis des années par la BCE et qui est basée sur le ciblage d’inflation comme objectif prioritaire. Maintenant, face au risque que constitue un euro fort, la BCE est en passe de revoir sa stratégie. Comme l’a souligné récemment Mario Draghi, le président de la BCE, «l’appréciation de l’euro dans un contexte de faible inflation est une préoccupation majeure». Aujourd’hui, l’objectif projeté de la BCE est de ramener l’euro à moins de 1,37 dollar dans l’immédiat et à moins 1,30 dollar (son niveau de mai 2013), voire à 1,25. Pour atteindre ses objectifs dans un marché de change totalement libéré et où la volatilité implicite EUR/USD est le principal critère à définir la tendance de l’euro, la Banque centrale européenne va recourir à  une baisse des taux directeurs et des mesures non conventionnelles d’assouplissement quantitatif «Quantitative easing». Ces mesures consistent en une création de monnaie, très souvent par l’achat de titres publics. Cette politique a elle des chances de permettre un retour à un euro faible. D’abord, le principal taux directeur, actuellement à 0,25% pourrait s’approcher de 0% et le taux de dépôts des banques auprès de la BCE   pourrait devenir négatif alors qu’il est actuellement à zéro, ce qui contraindra les banques à prêter cet argent entre elles et améliorer par conséquent la liquidité qui se traduirait par un afflux de liquidités en euro et par conséquent faire baisser le taux de change. 

«La question qui se pose est pourquoi l’euro s’est inscrit en hausse par rapport au dollar alors que la zone euro est en crise économique et de gouvernance et son secteur bancaire demeure très fragile»

Mais cette stratégie n’est pas sans risque pour la BCE. D’abord, le niveau EUR/USD dépendra des positions acheteurs et vendeurs des principaux intervenants sur le marché de change. En effet, le taux de change dépend du niveau des liquidités excédentaires envers le reste du Monde et qui sont estimées à 115 milliards d’euros actuellement- que la BCE pourrait accroître par de nouvelles opérations de refinancement massives et par le quantitative easing. De plus, si les marchés financiers pensent que le quantitative easing est nécessaire, cela pourrait avoir pour effet inverse de faire monter l’euro. Un Quantitative easing va alimenter la bulle qui est en train de se former: l’envolée des bourses qui ont retrouvé leur niveau d’avant 2007 va faire revenir des investisseurs à la zone euro et qui augmentera la demande sur la monnaie unique. La demande sur l’euro augmentera aussi avec la perspective de la baisse des taux a enclenché la ruée sur les emprunts d’État européens qui se reflète dans la baisse des taux d’intérêt: alors que les États-Unis empruntent à dix ans à 2,52%, le taux allemand est à 1,33%, le français à 1,78%, l’espagnol à 2,95%. Le principe qui fait que la baisse des taux d’intérêt et les injections de liquidité conduisent à des sorties de liquidités et une baisse de la devise n’est plus valable dans ce cas de figure puisque les marchés financiers européennes offrent aux investisseurs des opportunités de gains qui peuvent être plus intéressantes comparativement à d’autres zones.