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Les limites de notre système de change

Point de vue avril 2014

Les limites de notre système de change

L’amnistie pour les Marocains détenteurs d’avoirs en devises à l’étranger et toutes les mesures de l’Office des changes et des banques qui ont suivi laissent prédire un changement de vision quant aux systèmes de change marocains. Malgré les avantages qu’il pourra produire en termes de maîtrise des fluctuations par rapport à certaines devises, le système actuel se révèle jour après jour non adapté à la structure et aux besoins actuels de l’économie et du système financier marocain. La récente circulaire qui définira les modalités de change, qui doivent être suivies par les intervenants au niveau de Casa Finance City, confirme le changement de perception des pouvoirs publics. En effet, les objectifs recherchés à travers le projet de zone offshore financière Casa Finance City, notamment attirer des institutions financières internationales dans une vision d’attirer des flux financiers vers le Maroc, ne seront que relativement atteints avec le système de change actuel. D’un autre côté, le marché de change marocain est connecté au marché de change international à travers l’indexation à un panier qui détermine la valeur du dirham par rapport aux devises.  Le dernier changement opéré sur la structure du panier date du début des années 2000. Mais force est de constater que le marché de change international a connu des mutations importantes depuis 2000. La structure des échanges commerciaux et financiers du Maroc avec le reste du monde a également changé. La dépendance du dirham à hauteur de 80% de l’euro s’avère aujourd’hui dépassée. En effet, depuis 2001, date de la dernière dévaluation (réaménagement du panier), l’euro a grimpé de 14%, soit en moyenne 1% par an, alors que le déficit commercial vis-à-vis de la zone est passé de 25,5%  à fin 2001  à 40% actuellement. Le même constat peut se faire au niveau de la balance des opérations financières. Un manque à gagner au niveau du change puisque chaque année le déficit vis-à-vis de la zone euro augmente et la valeur de l’euro vis-à-vis du dirham augmente en même temps.

«Libérer le change permettra à la valeur du dirham de s’ajuster selon les conditions offre/demande et les déficits actuels seraient résorbés d’eux-mêmes comme cela a été prouvé pour plusieurs économies»

Ce qui constitue un risque de change pour l’Etat et ce risque de change devra se consolider vu que les échanges en euro seront amener à baisser vu que le Maroc bénéficiera de flux commerciaux et financiers dans le cadre de la stratégie de consolidation de ses échanges Sud-Sud, qui se font soit en devises émergentes ou en USD. L’autre élément principal qui milite pour l’introduction d’un minimum de flexibilité dans de dirham avec plus d’indexation vers le dollar et pourquoi pas le yuan chinois, le yen japonais, le ZAR de l’Afrique du Sud, ou le CFA monnaie de zone de l’Afrique de l’Ouest où le Maroc ambitionne de jouer un rôle stratégique. Libérer le change permettra à la valeur du dirham de s’ajuster selon les conditions offre/demande et les déficits actuels seraient résorbés d’eux-mêmes comme cela a été prouvé pour plusieurs économies. Le déficit extérieur (balance commerciale et balance courante) payé en devises baissera, ce qui revient à dire que les déficits sont couverts par la monnaie locale car les systèmes de change flexibles réduisent les besoins de réserves des États.