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Un ré-aiguillage s’impose

Dossier juillet 2013

Un ré-aiguillage s’impose

Le tableau est globalement positif. Des secteurs demandent plus d’attention que d’autres.

Quel bilan pouvez-vous faire, aujourd’hui, du Plan Emergence?
Le bilan est sans conteste positif, dont je ne pourrais certainement pas exposer le contenu en totalité. Je me contenterais de vous donner un aperçu de quelques résultats auxquels a abouti le Plan Emergence. Aujourd’hui, à mi-parcours, l’industrie a détrôné l’immobilier pour se classer au premier rang, à la fin de 2012, avec près de 8 milliards de dirhams d’investissements directs étrangers (IDE), soit 26%. De 2009 à 2012, les exportations dans l’industrie automobile ont enregistré une croissance de 125%  et drainé, en 2012, pas moins de 27 milliards de dirhams. En somme, c’est plus que le double de 2008. Les postes d’emplois ont, tout logiquement, suivi la tendance en augmentant de 60%. Autre  exemple: l’aéronautique, dont les exportations ont connu une hausse moyenne de 17% entre 2008 et 2012, avec une valeur de 6,3 milliards de dirhams en 2012. Ce qui a stimulé la croissance de l’emploi à hauteur de 30%. Quant à l’offshoring, il a trouvé au Maroc une place à l’essor international. En témoigne la croissance des exportations en moyenne de 14% sur la même période, soit une valeur de plus de 7,3 milliards de dirhams, alors qu’en matière d’emploi, l’offshoring a créé plus de 29.000 postes de travail, à la même période.

Selon vous, quels sont les secteurs qui ont atteint leurs objectifs ?
Comme vous le savez, les projections du Plan Emergence s’inscrivent à l’horizon 2015. Il serait donc prématuré d’attester qu’un secteur a atteint ses objectifs dans leur totalité. Néanmoins, le constat de l’évolution de croissance est perceptible au niveau de certains secteurs. A titre d’exemple, l’offshoring avait enregistré, depuis la mise en œuvre de l’offre dédiée au secteur, un rythme de croissance positif et soutenu, qui a atteint un taux de croissance annuel moyen durant la période 2009-2011 de l’ordre de 20%. Le secteur automobile, lui, a enregistré ces dernières années une croissance annuelle moyenne notable de son chiffre d’affaires à l’export de 31%. Même tendance pour l’aéronautique, qui a enregistré une hausse annuelle moyenne de son chiffre d’affaires à l’export de 17% sur la même période (2009-2011).

Pourquoi les autres secteurs n’ont-ils pas eu le même élan ?
Ce sont en effet des secteurs qui disposent d’un potentiel de développement, mais qui n’ont pas encore atteint le rythme de croissance escompté. Il s’agit de secteurs tels que le textile et l’agroalimentaire. Concernant le textile, et compte tenu de sa forte dépendance des marchés extérieurs, ce dernier a été touché de plein fouet par la crise mondiale en 2008/2009 et actuellement par la crise de la zone euro qui affecte considérablement les performances des entreprises opérant dans le secteur. Ce qui, en toute évidence,  a freiné le processus d’atteinte des objectifs tracés par Emergence. Cependant, il faut souligner que malgré cette conjoncture difficile, le secteur est en train d’opérer avec succès sa mutation progressive vers une industrie au service de la mode. En ce qui concerne l’agroalimentaire, le Pacte Emergence et le Plan Maroc Vert prévoient plusieurs mesures et initiatives pour son développement et l’amélioration de sa compétitivité. Je signale que l’évolution moyenne entre 2008 et 2012  a été de 3%.