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Les moins bons

Dossier juillet 2013

Les moins bons

L’électronique, le textile et l’agroalimentaire n’ont pas pu attirer des gros poissons.

Des métiers mondiaux identifiés par Emergence, ceux-ci ont été les secteurs qui ont le moins bien évolué: agroalimentaire, textile et dans une moindre mesure le secteur électronique. En effet, ces derniers n’ont pas eu la même chance que les autres secteurs ayant bénéficié de la présence d’acteurs d’envergure internationale. Donc, pas d’effet catalyseur, mais surtout une crise sur les marchés clients, notamment en Europe, qui frappe de plein fouet leur activité. Le secteur textile, par exemple, et compte tenu de sa forte dépendance des marchés extérieurs, a été très sensiblement impacté par la crise financière et économique internationale de 2008-2009. Il est actuellement touché par la crise de la zone euro qui affecte considérablement les performances des entreprises opérant dans le secteur. Toutefois, le pack de mesures anti-crise lancé par l’Etat et celles introduites avec le Plan Emergence ont aidé le textile marocain à limiter la casse. «Mais ce dernier a toujours besoin d’une mise en place d’un programme global et pas seulement des mesures conjoncturelles», assure Karim Tazi, vice-président de l’Amith et PDG de l’enseigne Marwa. D’ailleurs, le secteur a bouclé l’année 2012 sur une légère baisse de son chiffre d’affaires de 2%. En ce qui concerne le secteur de l’électronique, il faut noter que ce dernier a connu une évolution assez satisfaisante; il génère aujourd’hui 7 milliards de CA. Mais au regard du potentiel de croissance, celle-ci demeure très en deça des attentes. Une frustration largement partagée dans le secteur. A son tour, l’électronique n’a pas vraiment profité de l’élan du Plan Emergence. «Notre secteur va rester petit, car nous ne travaillons que sur les petites et moyennes séries et nous ne sommes pas compétitifs dans la fabrication des grandes séries», assure Farida El Asatey, vice-présidente de la Fenelec. La tendance actuelle est d’aller vers le développement de filières électroniques spécialisées telles que la mécatronique, l’électronique industrielle ou l’électronique embarquée pour automobile et aéronautique qui semblent présenter plus de possibilités de développement que l’électronique grand public.  En effet, le secteur manque de compétitivité dans les grandes séries, qui demandent des  unités de production de plus en plus complexes et coûteuses, mais aussi des compétences humaines très qualifiées. La solution pour la vice-présidente de la Fenelec est de «trouver des catalyseurs qui, eux, vont ramener d’autres sociétés lesquelles vont générer de l’emploi, car l’objectif pour nous c’est de créer de l’emploi».  Pour l’agroalimentaire, les potentialités de développement de ce secteur ne sont pas encore pleinement exploitées et pourraient être mieux valorisées. Ce dernier a certes été touché par la crise, mais les responsables de la Fenagri assurent qu’ils ne disposent pas d’éléments factuels pour dire si ces impacts sont plus ou moins marqués que pour les autres secteurs. Mais ce que recommandent ces derniers pour assurer la croissance du secteur, c’est de développer des mesures urgentes pour pérenniser l’outil industriel, notamment en termes d’accessibilité des intrants et visibilité sur les approvisionnements (quantités/qualités/prix des matières premières agricoles). «Il faut également développer la recherche & développement et innovation pour répondre aux attentes d’une partie des consommateurs et créer de la valeur ajoutée et maintenir nos parts de marché», lance Nathalie Barbe, directrice de la Fenagri. Le renforcement des associations professionnelles doit aussi être pris en compte pour qu’elles aident les entreprises du secteur à se doter d’une vision partagée avec l’Etat: «Le chacun pour soi domine encore aujourd’hui alors que la mondialisation oppose des blocs économiques», assure Barbe. La Fenagri demande également une meilleure traçabilité des importations afin de comprendre les chiffres de la balance commerciale alimentaire, mais aussi de constituer une structure intelligence économique (amont/aval) afin de partager des informations sensibles et de décloisonner les visions.