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Le trio gagnant

Dossier juillet 2013

Le trio gagnant

Automobile, offshoring et aéronautique, des secteurs qui ont bénéficié de locomotives internationales.

Le Plan Emergence a permis aux «métiers mondiaux» du Maroc de définir une vision et de se donner les moyens de l’atteindre. Cela notamment à travers un dispositif d’incitations attractives. Il s’agit en effet de mesures fiscales, d’infrastructures dédiées et de plan de communication à destination des acteurs majeurs en Europe. Les fruits de cette grande offensive ont été plus particulièrement apparents au niveau de trois secteurs que sont l’automobile, l’aéronautique et l’offshoring. Au niveau du premier, c’est l’arrivée de Renault qui a boosté le secteur. Grâce à l’implantation de l’usine de l’Alliance Renault-Nissan à Tanger, la filière automobile réalise aujourd’hui 15 milliards de dirhams de chiffre d’affaires à l’export. Cette usine a également permis de replacer le Maroc sur le radar des grands industriels du secteur. Côté emploi, des 6.000 emplois prévus pour Renault, les trois quarts sont aujourd’hui réalisés, avec près de 4.200 salariés directs. Mais globalement, les créations restent très en deça des objectifs fixés. Ainsi il s’agit de créer 30.000 emplois auprès des équipementiers de rang 1. Or, actuellement, seule une dizaine s’est installée au Maroc, avec des créations d’emplois en deçà des attentes. L’effet d’entraînement escompté par l’arrivée de Renault ne semble donc pas avoir atteint le niveau souhaité. «Le projet de Renault est certainement important, mais les attentes pour le secteur sont beaucoup plus ambitieuses», précise dans ce sens Hakim Abdelmoumen, président de l’Amica. «Nous aurons souhaité avoir, au niveau de la construction automobile, un tissu d’équipementiers intégré et assez diversifié, pour toucher toute la chaîne de valeur de notre secteur», ajoute-t-il.
Dans la même configuration que Renault, le secteur de l’aéronautique a lui aussi été propulsé par l’arrivée de Bombardier sur la zone de Nouaceur à Casablanca. Ainsi a-t-il enregistré une croissance annuelle à deux chiffres en 2011. Il compte aujourd’hui 8.000 emplois et a dégagé un chiffre d’affaires de 8 milliards de dirhams en 2012. Pour le ministre de l’Industrie, «l’une des illustrations les plus importantes de la bonne santé de la plateforme industrielle marocaine réside dans l’implantation de ce que j’appelle des locomotives de croissance, telles que Renault dans le secteur de l’automobile et le groupe Bombardier qui a décidé de réaliser au Maroc un projet d’envergure avec un investissement de l’ordre de 200 millions de dollars». Rappelons que Bombardier Maroc a démarré sa production, en février dernier, dans une usine provisoire en attendant la construction de son usine permanente à la P2I Midparc qui démarrera les jours à venir. Ce projet induit 850 emplois directs et 4.400 emplois indirects.
Parti de presque rien, le secteur de l’offshoring, quant à lui, semble avoir atteint une taille respectable depuis le lancement du plan Emergence. «Sachant que nous partons pratiquement de rien et que le Maroc est actuellement inséré durablement dans la carte mondiale de l’offshoring, ces dernières années ont été exceptionnelles en termes de croissance», assure Youssef Chraïbi, président de l’AMRC. En effet, la croissance du secteur est de l’ordre de 18% annuellement et la création d’emploi est de l’ordre de 5.000 emplois nets créés chaque année. Avec 7,6 milliards de dirhams à l’export en 2012, l’offshoring est placé sixième des secteurs marocains les plus générateurs de revenus à l’export. Toutefois, certains freins au développement de ce secteur sont à lever en accélérant le processus d’adoption de la loi sur la protection des données personnelles, pour la mise en adéquation avec la législation européenne. «Car cela constitue un pré-requis pour certains donneurs d’ordre, notamment dans le secteur financier», explique Chraibi. D’un autre côté,  le président de l’AMRC insiste sur l’approche des investisseurs qui «doit passer d’une stratégie exclusivement orientée vers la conquête de nouveaux projets à une stratégie de fidélisation des acteurs déjà établis. En mettant en place un dispositif d’accompagnement global et réactif afin de favoriser leur croissance organique et d’éviter qu’ils n’envisagent d’autres destinations concurrentes (Algérie, Afrique subsaharienne, ou Europe de l’Est) pour l’extension de leur offre offshore».