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Le gros appétit de DLM

Entreprises juillet 2013

Le gros appétit de DLM

Malgré ses performances boursières moyennes, DLM affiche de bons fondamentaux, renforcés par l’ouverture d’une nouvelle usine à Tit Mellil. Cela devra lui permettre de concrétiser ses ambitions de croissance au Maroc et en Afrique

Le groupe marocain de construction métallique et de montage, Delattre Levivier Maroc (DLM) a inauguré juin en grande pompe sa nouvelle unité de production à Tit Mellil.
L’usine, qui s’étend sur 100.000 m² dont 36.485 m² construits, est un projet de grande envergure qui permet de créer plus de quatre cents emplois. Le projet a nécessité un investissement de 195 millions de dirhams. Eric Cecconello, administrateur directeur général, explique que «ce projet permettra au groupe de se positionner en tant que fournisseur de référence en chaudronnerie lourde». En effet, l’usine de Tit Mélil est la première du genre à produire des mâts d’éoliennes au Maroc. Ce qui représente un pas important dans l’intégration industrielle dans l’ambitieux plan de production d’énergie éolienne.

Priorité pour l’éolien et le solaire
D’ailleurs le groupe est aujourd’hui positionné sur une panoplie de projets d’envergure nationale. Janvier 2013 son carnet de commandes s’est élevé à 1,37 milliards contre 701 millions de dirhams une année auparavant. Son plus gros donneur d’ordre est l’OCP, pour des commandes principalement dédiées aux énormes chantiers de constructions réalisés dans  le site de Jorf Lasfar. Concernant les énergies renouvelables, actuellement dans la nouvelle usine DLM fabrique les mats du parc éolien de Tarfaya. L’entreprise est également positionnée sur deux gros projets. Il s’agit du projet d’Alstom à Taza pour lequel elle est en négociation avec EDF Energies Renouvelables qui a été retenue pour la fourniture de cinquante turbines d’une puissance unitaire de trois mégawatts. Il s’agit aussi du  projet ONE de 850 mégawatts pour lequel «DLM a fait plusieurs offres pour essayer de se positionner, mais rien n’est encore confirmé», affirme Eric Cecconello. Rappelons à ce niveau qu’en plus du plan éolien, le Maroc a initié un plan de production d’énergie solaire avec comme objectif une capacité installée de 2.000 MW à l’horizon 2020, pour un investissement estimé à 9 milliards de dollars. Là aussi, DLM prend part, en lançant des négociations avec Masen pour la réalisation de plusieurs lots de la première centrale solaire. Les négociations devraient aboutir dans l’année, selon le management de l’entreprise.

La valeur ne suit pas les fondamentaux
En ce qui concerne les résultats financiers de  DLM, l’année 2012 a été marquée par une hausse substantielle de son activité commerciale avec 910 millions de dirhams de nouveaux contrats. Au niveau de son développement régional, DLM avait signé une prise de participation majoritaire de 50,1% dans sa filiale Delattre Générale de Mécanique (DGM) afin de développer une part significative des travaux récurrents en maintenance et de favoriser les synergies au sein du groupe. Toutefois, la production a affiché en 2012 un recul de 11% par rapport à l’année précédente. «Ceci est lié au contexte difficile, marqué par le ralentissement de la croissance économique au Maroc et en raison des arrêts intermittents liés au déménagement vers la nouvelle usine de Tit Mellil», explique le management de l’entreprise. DLM a aussi réalisé des contrats à forte valeur ajoutée «sans fourniture», ce qui a justifié un chiffre d’affaires plus faible cette année. Il est à noter aussi qu’en 2012 le chiffre d’affaires consolidé de DLM a accusé une baisse de 56,6% à 295,8 millions de dirhams. Mais quoi qu’il en soit Ceconello assure qu’«en attendant la publication des résultats du premier semestre 2013, je peux vous assurer que nous sommes en ligne avec notre business plan». Des résultats en ligne avec le plan stratégique de DLM viendront certainement conforter les fondamentaux de l’entreprise. Sauf que le comportement de son titre en bouse ne reflète pas cette tendance. En effet, la valeur est très peu liquide, les transactions se font également très rares sur le titre. C’est ce que confirme Cecconello: «Nous avons l’impression que le titre est déconnecté de sa valeur réelle et des fondamentaux. C’est surtout lié à un manque de liquidité et au peu de mouvements en bourse. Mais nous sommes sûrs que c’est un phénomène courant ces derniers temps et lié à la morosité de la Bourse».

«Notre objectif quotidien est de réaliser la meilleure exploitation possible pour satisfaire nos actionnaires.»

L’année dernière, le groupe a réalisé une augmentation de capital en doublant les titres afin de donner plus de liquidité à la valeur. L’opération a donné des effets factuels, mais  ce n’était pas assez pour booster son comportement. Vu cette morosité générale au niveau de la place casablancaise, «Notre objectif quotidien est de réaliser la meilleure exploitation possible, de façon à ce que les actionnaires puissent se retrouver en fin d’année dans les dividendes et dans les résultats de l’entreprise», l’ADG de DLM.

L’Afrique comme marché de croissance
Quoi qu’il en soit, le constructeur métallique, compte maintenir son dynamisme d’activité en cohérence avec son plan de développement stratégique tout en renforçant son positionnement à l’international vers d’autres pays de l’Afrique. «Pour nous l’Afrique représente clairement un relais de croissance», insiste Cecconello. Le groupe ambitionne «d’améliorer sa compétitivité sur le marché local avec une forte orientation à l’exportation vers les marchés du continent notamment vers la Mauritanie, le Sénégal, le Burkina Faso, le Niger et la Guinée Equatoriale, des pays qui renferment un énorme potentiel de développement à moyen et long termes». Au début du premier semestre 2013, DLM a décroché un important contrat au Niger et en Guinée-Équatoriale. Quant aux projets en Cote d’ivoire, ils s’annoncent bien, mais le top management préfère ne pas en dire plus, attendant le moment opportun. De plus, la société poursuit le développement ciblé de son activité à l’international à travers sa filiale Sénégalaise (DLM Sénégal); une implantation stratégique qui recèle de forts potentiels de croissance et de rentabilité sur le continent africain. 

Avis d’analiste

Dounia FILALI
BMCE Capital Bourse
L’activité de Delattre Levivier Maroc (DLM) a notamment été marquée, en 2012, par la prise de participation majoritaire (50,1%) dans sa filiale Delattre Générale De Mécanique (DGM) et par l’augmentation de capital de 62,5 millions de dirhams pour le porter à 125 millions. Toutefois, en raison de la hausse du poids dans le chiffre d’affaires global des projets à «valeur ajoutée pure» où DLM ne facture que les services d’ingénieries et la main-d’œuvre mise à disposition, le chiffre d’affaires consolidé recule de 56,6%, à 295,8 millions de dirhams. Partant, le REX progresse de 26,5%, à 55,2 millions de dirhams améliorant la marge opérationnelle de 12,3 points, à 18,7%. Le RNPG affiche ainsi une hausse de 3,5%, à 30,2 millions de dirhams. Pour sa part, le carnet de commandes de DLM se monte à 1,635 milliard de dirhams à fin 2012, incluant 2 nouveaux contrats conclus en 2012 pour un montant global de 900 millions de dirhams. En termes de grands projets, l’année 2013 devrait être marquée par l’aboutissement des négociations avec EDF Energies Nouvelles et l’ONEE pour le projet d’Alstom à Taza, ainsi que Masen pour la réalisation de plusieurs lots de la première centrale solaire. Le lancement des travaux sur le site de Tarfaya pour le compte de Nareva et International Power est également prévu pour l’année en cours. Sur le volet stratégique, DLM compte recentrer son activité sur les métiers à forte valeur ajoutée tels que les mines et la chimie et ambitionne d’accompagner le déploiement du plan logistique marocain en participant aux grands chantiers sectoriels. Sur le plan international, DLM prévoit d’ouvrir d’autres filiales sur le continent, dont une courant 2013 en Côte d’Ivoire. Pour notre part, nous estimons que les revenus consolidés de DLM devraient s’établir à 591,5 millions de dirhams en 2013 (+100%) pour un RNPG en repli de 31,4%, à 20,7 millions de dirhams (hypothèse de baisse de la part des projets à valeur ajoutée pure dans un souci de prudence). Aboutissant à un cours cible de 272,91 dirhams, nous recommandons d’acheter le titre compte tenu du cours de 197 dirhams observé en date du 17 juin 2013.