fbpx

Des pistes de réformes

Dossier juillet 2013

Des pistes de réformes

Financement, business model, synergies…tout y passe.

«La mise en place du Plan Emergence a été lancée sur la base d’un diagnostic global et d’un benchmark à l’international. Tout ceci pour garantir aux Métiers Mondiaux du Maroc une compétitivité élevée, mais aussi un bon positionnement à l’échelle internationale». L’affirmation on ne peut plus officielle du ministre Abdelkader Amara n’empêche pas qu’Emergence soit aujourd’hui à une phase où une profonde remise en cause s’impose. En effet, si tous les ingrédients ont été réunis pour la réussite de cette stratégie, il existe d’autres facteurs conjoncturels, à l’instar de la conjoncture économique internationale et surtout européenne, qui peuvent soit appuyer la croissance de l’industrie nationale, soit au contraire la ralentir. Parmi les facteurs qui ont favorisé la croissance des secteurs figure l’installation d’investisseurs propulseurs ayant apporté une nouvelle dynamique surtout aux secteurs automobile et aéronautique. «Pour les autres secteurs, l’Etat pense à de nouvelles mesures pour mieux les accompagner dans leur développement», explique Amara. Pour le secteur textile, le ministère de l’Industrie et l’Amith ont acquis la conviction que moyennant une refonte de son modèle économique, le secteur textile peut redevenir un véritable relais de croissance pour le Maroc en matière d’investissement, d’emploi, d’exportation, de développement territorial et de génération de richesses. «C’est dans ce cadre que nous avons mené ensemble une étude, une vision pour le textile du Maroc à l’horizon 2025 que mon département a financée pour assimiler les tendances mondiales des marchés et de la production textile et de déterminer les conditions favorables au repositionnement du secteur du textile marocain», assure le ministre de l’industrie. S’agissant du secteur agroalimentaire, le ministère prévoit le lancement, en collaboration avec le Département de l’Agriculture et la Fenagri, d’une étude stratégique pour le développement du secteur et qui devra déboucher sur l’élaboration d’un projet de contrat-programme entre l’Etat et la Fenagri, le but étant, d’une part, de fixer les mesures transverses communes à toutes les branches d’activité du secteur permettant de booster sa croissance et, d’autre part, de ressortir les filières à fort potentiel de développement aussi bien au niveau du marché local qu’à l’exportation. Egalement, pour le secteur de l’offshoring et malgré sa croissance soutenue, le ministère a lancé avec la CDG une étude de repositionnement stratégique du secteur qui permettrait d’améliorer l’offre Maroc. Quant au secteur de l’automobile, Hakim Abdelmoumen, président de l’Amica, demande d’«identifier le manque d’intégration dans le secteur et mettre en place un tissu d’équipementiers intégré. En fait, les bases de notre secteur doivent être solides pour éviter les risques de l’avenir».
S’agissant du financement du Plan Emergence, le ministre de l’industrie ne cache pas son mécontentement: «Je peux vous dire que nous en sommes moyennement satisfaits». Le Plan Emergence a mis à la disposition des entreprises souhaitant se moderniser et financer leurs projets de développement deux programmes d’appui phares: Imtiaz et Moussanada, mis en œuvre par l’Anpme. Ces deux programmes sont arrivés, aujourd’hui, à maturité et ont permis d’atteindre leurs objectifs, depuis leur lancement en 2010. A cela s’ajoute un nouveau cadre contractuel Etat-Anpme signé en février dernier couvrant la période 2013-2020, avec pour objectif de pérenniser les programmes  Imtiaz et Moussanada et de définir d’autres programmes d’appui axés en particulier sur des contrats-programmes sectoriels comme les secteurs chimie-parachimie, pharmacie, industries métallurgiques, mécaniques, électriques et électroniques, automobile, tourisme et artisanat. Ce cadre contractuel ouvre de nouvelles perspectives pour l’action de l’Anpme avec notamment des objectifs plus ambitieux d’entreprises à accompagner pour le programme Imtiaz et Moussanada et alloue un budget de 283 millions de dirhams pour l’année 2013, soit plus de 2,3 fois le budget actuel.