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L’avenir de l’aéronautique

Dossier décembre 2012

L’avenir de l’aéronautique

Le Maroc a assuré l’essor de son secteur aéronautique depuis une dizaine d’années, et compte bien continuer sur sa lancée. En misant sur cette industrie forte, il garantit son avenir, mais mise aussi sur le développement d’autres secteurs de haute technologie.

Alexandre Brun, le directeur général de SMES, explique que le secteur aéronautique n’est pas le seul à se développer au Maroc. A l’aune de l’automobile, l’installation des industriels aéronautiques a permis à d’autres entreprises de haute technologie de s’inviter à Nouaceur.
C’est le cas de Morpho Maroc, filiale du groupe Safran, spécialisée dans l’électronique pour la sécurité. En suivant ses sociétés sœurs, Morpho bénéficie aujourd’hui d’une place de choix au Maroc. L’entreprise fait de l’ingénierie industrielle, puisqu’elle embauche des dizaines de jeunes ingénieurs marocains.
Morpho Maroc est présent sur tous les continents et travaille essentiellement avec les services de sécurité étatique, pour lesquels il développe autant les passeports biométriques, les radars de route ou encore des logiciels d’identification digitale. Son directeur, Jean-Christophe Delvigne, n’hésite pas à affirmer que sa présence au Maroc est due à l’implantation du groupe.
Mais le site de Nouaceur ne compte pas uniquement des industriels de l’aéronautique. On y trouve également des grands groupes pharmaceutiques, et Midparc prévoit également d’accueillir des grands noms de la haute technologie.
Conséquence collatérale ou réelle volonté étatique, on peut aisément imaginer que le développement de la haute technologie au Maroc ira en grandissant, à condition que l’Etat s’investisse réellement à le dynamiser à l’aune de l’aéronautique.

En plus des industriels de l’aéronautique, Noauceur accueille de grands noms de la haute technologie

Quel avenir pour l’aéronautique ?
Les industriels sont globalement positifs quant au développement futur de l’aéronautique au Maroc. Benoît Martin-Laprade, directeur général d’Aircelle Maroc, explique ainsi que «l’on ne se décrète pas nation de l’aéronautique du jour au lendemain. Il y a beaucoup de choses à construire dans le temps et à démontrer mais, avec le Plan Emergence, nous construisons sur du solide, à l’image de l’IMA».
Afin de représenter pour l’Europe ce que le Mexique est aux Etats-Unis, il affirme que «si les Mexicains ont démarré huit ans avant les Marocains, nous sommes progressivement en train de les rattraper. Aujourd’hui, nous sommes relativement comparables».
En effet, le Mexique et le Maroc présentent beaucoup de similitudes quant à leur mode de fonctionnement et la qualité de leur main-d’œuvre. L’aéronautique marocaine peut-elle survivre sans l’Europe? le DG d’Aircelle y répond: «Il est difficile de se passer d’Airbus qui est un client de choix. Nous avons autant besoin de l’Europe que l’Europe a besoin de nous, afin de développer des offres à hauteur du marché. Depuis quelques décennies, une partie de l’aéronautique mondiale est pilotée par les Etats-Unis à travers Boeing et l’autre par l’Europe avec Airbus. On constatera également d’ici quelques années l’émergence de la partie asiatique derrière les donneurs d’ordres chinois. Le Maroc se construit aujourd’hui dans une vision de prolongement de l’Europe mais sur un marché obligatoirement mondial».
Le développement de Nouaceur manque encore de grands noms, mais l’arrivée de Bombardier en est déjà un bon signe. Benoît Martin-Laprade ajoute que «le Maroc a besoin de constructeurs et d’équipementiers de rang 1».
En tout cas, la stabilité politique du Royaume, notamment au cours du printemps arabe, lui a donné une réelle avance sur ses voisins et concurrents directs. Il se positionne donc avec l’Europe et pour l’Afrique et l’Asie.
Alexandre Brun, lui, regrette que l’aéronautique marocain n’intègre pas encore la totalité du schéma industriel mais ne se montre pas inquiet pour les années à venir. C’est en tout cas une position que partage Hamid Benbrahim Andaloussi, président du GIMAS.