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La SFI met les bouchées doubles

Entreprises décembre 2012

La SFI met les bouchées doubles

La Société financière internationale est de plus en plus dynamique avec de grandes entreprises marocaines en intégrant leur capital pour accompagner leur expansion en Afrique. Il s’agit de Saham Finance et ensuite la BCP. L’institution ne compte pas s’arrêter là et vise de nouveaux secteurs, entre autres, les infrastructures et les énergies renouvelables.

La Société financière internationale (SFI) a réussi à s’imposer ces dernières années en tant qu’acteur incontournable du paysage économique national. Une position qu’elle compte consolider à travers sa nouvelle politique d’accompagnement des entreprises marocaines à la conquête de l’Afrique subsaharienne. Vu la proximité géographique, politique et économique du Maroc, ce dernier joue un rôle important dans la stratégie africaine de la SFI. «Le Maroc constitue un pays prioritaire pour la SFI dans la région Mena et Afrique du Nord, c’est un pays qui a initié un grand nombre de réformes et qui connaît une bonne croissance», assure Joumana Cobein, chef du bureau de la SFI au Maroc. L’axe prioritaire de la SFI est de renforcer, d’appuyer les institutions financières marocaines et de leur permettre de développer l’accès au financement. 

Appui au secteur financier
Ainsi, la SFI a vite pu décerner l’essor et le développement très significatifs du secteur financier au Maroc, et a pu l’accompagner à travers plusieurs projets. En effet, les acteurs marocains n’on plus une dimension local mais régionale de leur croissance. Ainsi le point focal de la SFI est vraiment d’appuyer ces acteurs au niveau régional. «Car à ce niveau non seulement il y a l’attrait Sud-Sud, mais aussi la transmission du savoir-faire d’un pays comme le Maroc aux autres pays de la région, notamment les pays de l’Afrique subsaharienne et francophone». C’est dans cette logique que la Société financière internationale s’est orientée ces dernières années vers l’appui d’acteurs émergents marocains dans leurs projets d’expansion en Afrique, comme Saham Finance (avec une prise de participation à hauteur de 125 millions de dollars) et la BCP (en septembre 2012, avec une participation de 5% s’élevant à 200 millions de dollars). En fait, à date d’aujourd’hui, c’est le secteur financier qui prend les devants dans le choix d’accompagnement de la SFI.
La SFI accompagne également les filiales africaines des deux banques marocaines Attijariwafa bank et la BMCE Bank, et ne compte pas se focaliser seulement sur les secteurs financier et bancaire. En fait la filiale de la Banque mondiale compte conquérir de nouveaux secteurs. «Le secteur financier est aujourd’hui le secteur où l’on voit plus de dynamisme», avance Cobein. Au cours de cette année, la SFI a engagé au Maroc plus de 400 millions de dollars d’investissement à travers plusieurs opérateurs dans le secteur de la finance, assurance, micro-finance et financement du commerce extérieur. L’institution a par contre investi en Afrique près de quatre milliards de dollars pour l’exercice 2012. «Nous souhaitons par la suite développer ces même modèles d’accompagnement de la SFI aussi dans d’autres secteurs, surtout dans les secteurs des énergies renouvelables, des infrastructures, l’agroalimentaire, services et industrie», annonce la chef du bureau de la SFI au Maroc.  En effet, la Société financière internationale est en discussion avec de nouveaux opérateurs marocains opérant dans le secteur des infrastructures et les services, pour les accompagner dans leur développement dans la région. 

La crise booste l’activité de la SFI
A son arrivée au Maroc, la SFI se portait davantage sur les missions de conseil et d’accompagnement. Le secteur financier marocain était suffisamment liquide pour accompagner le besoin d’expansion des entreprises marocaines. Aujourd’hui, la donne a changé pour ce qui est des investissements au niveau régional. Ces derniers requièrent des capacités de financement de plus en plus grandes, que les entreprises marocaines à elles seules ne pourraient pas supporter. C’est ici que la SFI vient jouer son rôle soit en tant qu’investisseur financier, soit pour compléter une offre déjà disponible.
L’institution joue un rôle «contre-cyclique», c’est-à-dire quand une région ou un pays traverse une situation de financement ou de liquidité difficiles, c’est là que l’institution est amenée à saisir l’opportunité et jouer son rôle d’accompagnateur. «Quand il y a une problématique financière dans un marché, une institution comme la nôtre doit jouer son rôle pour combler et compléter l’absence de financement qui peut se ressentir», explique Joumana Cobein.  Le développement de ce rôle a également  coïncidé avec le décollage de la croissance de l’Afrique.

L’approche concrète de la SFI
A vrai dire, la SFI a également pu capter cette montée en puissance de l’Afrique et a voulu l’accompagner en choisissant le Maroc comme plateforme. Certes, c’est une institution de développement, filiale de la Banque mondiale, sa mission est de prendre des participations et de financer des entreprises du secteur privé, mais sa vision d’investissement est très différente d’un capital-risqueur.
Ce dernier a une vision de rentabilité à court terme, par contre pour la SFI, quand il s’agit de rentrer dans le capital d’une entreprise, sa logique est d’accompagner le partenaire dans sa vision de développement pour atteindre ses objectifs. Donc c’est une vision plutôt long-terme. «Une fois que notre mandat d’accompagnement est accompli, on estime que notre rôle est vraiment de trouver de nouveaux partenaires, de nouvelles opportunités à appuyer», estime la directrice de la SFI au Maroc.
Dans le passé, la SFI était plus positionnée sur des projets ponctuels, aujourd’hui l’institution va davantage vers un accompagnement long terme. Elle identifie les acteurs clés qui ont cet impact de transformation sectorielle long-termiste, où l’institution pourrait intervenir à plusieurs étapes du développement des ces acteurs. Par exemple, avec le groupe BMCE, la SFI a construit son accompagnement à travers une opération de financement sous forme de dettes subordonnées à long terme, une opération faite en 2008, par la suite l’institution a continué à collaborer avec les filiales africaines de la banque pour développer son commerce extérieur.  Aujourd’hui, l’institution collabore avec la banque dans le développement d’un nouveau partenariat en Afrique.
Donc, la SFI n’est plus du tout dans une logique de projets, mais de partenariats long terme stratégiques. Joumana Cobein assure en effet que «l’attrait principal pour les entreprises marocaines d’avoir la SFI dans leur tour de table c’est d’abord d’avoir accès à un savoir-faire et une expertise globale, avant le financement».
Aujourd’hui, la SFI opère dans plus de 200 pays, a des prises de participations dans plus de 800 entreprises et a financé plus de 3.000 entreprises à travers le monde dans plusieurs secteurs. En ce qui concerne le mode opératoire en matière de prises de participations, en tant qu’investisseur institutionnel, son rôle est d’accompagner et de compléter un tour de table. L’institution n’est jamais majoritaire dans le capital de l’entreprise qu’elle accompagne.
En effet, la vision de la SFI n’est pas de remplacer le partenaire, elle ne prend jamais des participations au delà de 20% du capital. La décision de prise de participation ou du financement de projets dépend du  profil du projet, du besoin de l’opérateur et des perspectives de développement. La SFI agit de deux manières, soit elle accompagne l’entreprise par le biais de prise de participations, soit elle accorde des prêts et ne finance jamais plus de 50% du coût global des projets qu’elle accompagne, mais sur des maturités longues au-delà de 15 ans.