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CFG Group se restructure

Entreprises décembre 2012

CFG Group se restructure

Avec l’absorption de ses deux filiales Dar Tawfir et Casablanca Finance Market (CFM), CFG Group est en phase de devenir une banque d’affaires par excellence. Elle ambitionne d’élargir son offre de produits à des services, mais n’envisage pas de devenir une banque commerciale. Explications.

La banque d’affaires marocaine CFG Group vient de réaliser une importante opération qui marque un tournant dans l’histoire de son développement. En effet, elle est en phase d’absorber par fusion deux de ses filiales, en l’occurrence, Dar Tawfir qui fait office de réseau commercial pour ses produits d’épargne, et Casablanca Finance Market (CFM), spécialiste de l’intermédiation sur les marchés des taux. La première entité est détenue à 100% par CFG Group et la deuxième est contrôlée à hauteur de 52% et c’est cette présence préalable renforcée dans le tour de table des deux filiales qui a motivé l’opération. Celle-ci répond à un objectif stratégique du groupe, celui de se renforcer sur les métiers de banque. D’autres objectifs majeurs ont donné lieu à cette opération. Le premier est de simplifier l’organisation du groupe: «avant, quand un client  ouvrait un compte chez Dar Tawfir, ses titres étaient en dépôt chez notre société de bourse.  Suite à cette fusion, toutes les activités de Dar Tawfir et activités de dépôt et de tenue de comptes… sont regroupées au sein de la Banque CFG Group sous la supervision de Bank Al-Maghrib. C’est donc une simplification de l’organisation du groupe», explique d’emblée Youness Benjelloun, associé, administrateur, directeur général de CFG. Deuxièmement, à travers cette fusion, le groupe a pu renforcer de façon significative les fonds propres de la filiale bancaire. «Ils ont été largement renforcés à trois fois et demie», lance Benjelloun. Dans la foulée, CFG Group opérera une augmentation de son capital, qui passera de près de 58 millions à 289 millions de dirhams, par l’attribution gratuite de nouvelles actions et par incorporation d’une partie de la prime de fusion. Il faut aussi dire que l’actif net de CFM s’élève à près de 425 millions de dirhams tandis que Dar Tawfir apporte en net 51,2 millions de dirhams au groupe.

CFG Group ne deviendra pas une banque commerciale
Avec cette nouvelle configuration, sachant que les clients de Dar Tawfir deviennent automatiquement clients de l’entité bancaire, CFG Group pourrait ainsi leur offrir de nouveaux produits et services plus sophistiqués qui étaient compliqués, voire impossibles à offrir dans l’ancienne configuration. Même si la banque d’affaires a pu récupérer l’agrément de banque accordé par Bank Al-Maghrib à CFM, laquelle devrait être dissoute suite à l’opération. Du fait qu’elle pourrait réaliser toutes les opérations faites par les banques conventionnelles. Il y a des limites pour la banque d’affaires en termes de taille, avec un réseau de trois agences (Casablanca, Rabat et Fès) elle ne peut pas se comparer à une banque universelle qui détient des réseaux de plus de 1.000 agences. Toutefois, Youness Benjelloun assure que d’ici quelques années, la banque d’affaires aura au moins une agence par grande ville. «Nous n’avons pas l’intention de changer de business modèle et de  devenir une banque commerciale de détail! Nous resterons toujours une banque d’affaires», nous explique-t-on. Toutefois, ce dernier ne nie pas le fait que CFG Group peux offrir à ses clients quelques produits qu’on retrouve dans les banques commerciales, comme l’octroi de crédits sur les valeurs mobilières. Mais il assure que CFG Group n’a pas l’intention de construire un énorme réseau d’agences. «Ce n’est pas dans nos objectifs. Maintenant, on peut proposer des produits comparables à ceux d’une banque commerciale, notamment des crédits pour acheter des actions ou autres», assure Benjelloun. Ainsi, à l’occasion de ce changement, la banque d’affaires va lancer un nouveau site transactionnel qui ne se limite pas à la bourse en ligne. Elle ne s’est pas fixé d’objectifs en termes de dépôts, ou de nombre de clientèle. Son objectif général est d’avoir plus d’actifs sous gestion, plus d’équipement en matières de produits, offrir une meilleure adaptation.

«CFG Group n’a pas l’intention de changer de business model et devenir une banque commerciale»

La première vie de CFG Group
A vrai dire, les réalisations faites par CFG Group représentent le résultat d’un processus entamé depuis 20 ans. CFG Group a été créé à l’initiative de ses deux fondateurs Amyn Alami et Adil Douiri. Ils ont été accompagnés, à la demande de Bank Al-Maghrib, par plusieurs institutionnels en septembre 1992 pour créer leur banque d’affaires. A l’époque, c’était BCM, RMA Watanya, Paribas et Compagnie Financière Edmond de Rothschild. «L’idée fondatrice de CFG Group était de créer une banque d’affaires, qui exerce une multitude de métiers, à l’image des banques anglo-saxonnes et européennes», assure Younes Benjelloun. Son métier de base est de gérer l’épargne des particuliers et des institutionnels, mais d’une autre part aller à la rencontre des entreprises ou des Etats qui ont besoin de financement et finalement de faire rencontrer l’épargne avec le financement de façon «désintermédiée» non à travers un crédit bancaire mais à travers le marché (la Bourse, le marché obligataire, les marchés à terme…). Mais, en 1992, il n’y avait aucun texte de loi pour développer tous ces métiers. Tout s’est créé après, progressivement au fur et à mesure que les lois commençaient à ouvrir le champ pour cette profession. Dès 1993, CFG Group a commencé à réaliser des transactions en Bourse, a travers les banques qui avaient le droit d’être des «intermédiaires» pour ce genre d’opérations. Et comme le groupe avait déjà une banque dans son capital, il a profité de cet atout et passait ses opérations à travers la BCM (BMCE aujourd’hui). Ainsi, de plus en plus, le marché s’ouvrait sur ces nouveaux métiers financiers, les banques ont commencé à créer leurs propres sociétés de bourse. Pour contrer cet effet de concurrence, CFG Group était parmi les premiers à créer sa propre société de bourse, qui est CFG Marché, puis la société de gestion d’actifs, qui gère les OPCVM.

La deuxième vie de CFG
En 1997, CFG Group a entamé une nouvelle étape pour son développement, celle de la contribution au développement des marchés des taux, c’est-à-dire accéder aux marchés obligataires, participer au financement de l’Etat et du Trésor à travers les adjudications. A l’époque, la loi stipulait que seules les banques avaient le droit à cela, d’où la création de Casablanca Finance Market, la banque de CFG Group. Dans cette dernière, les institutionnels sont toujours présents, dont BMCE, RMA Watanya, CIMR, AXA. Pour Younes Benjelloun, «le capital de CFG Group post fusion est détenu à hauteur de 2/3 par les fondateurs et salariés associés et 1/3 par de grands institutionnels marocains». Ensuite, la banque a commencé à réaliser plusieurs activités, elle a participé à plusieurs opérations et a réalisé des opérations de placements obligataires «à travers cette banque spécialisée, nous avons été les premiers à sortir des notes de recherches sur le marché obligataire au Maroc», assure Benjelloun.
En 2000, CFG a lancé le premier fonds de capital-risque, d’où la création de la filiale spécialisée CFG Capital-Risque.
Dans tous les cas, CFG Group, qui regroupe aujourd’hui tous les métiers de la banque et de la finance, envisage de poursuivre son développement, mais en se focalisant sur son métier de base, qui est la banque d’affaires, et ne veut pas virer vers la banque commerciale, bien qu’elle dispose de tous les ingrédients qui le permettent.